Ce qui s'est passé chez Mercury entre 2023 et 2026
Pendant longtemps, Mercury a été la référence par défaut pour les non-résidents qui ouvraient une LLC américaine. Onboarding 100% en ligne, pas besoin de venir aux États-Unis, pas de minimum de dépôt, interface propre, EIN suffisant comme pièce d'identification de l'entité. Entre 2019 et 2022, c'était devenu le standard de fait du segment cross-border solo founder, et la plupart des guides francophones (y compris d'anciens articles sur ce site) le recommandaient sans réserve.
Puis le vent a tourné. En 2023, l'effondrement de la Silicon Valley Bank a forcé une révision générale du risque dans le secteur des néobanques. En 2024, l'affaire Synapse (un fournisseur Banking-as-a-Service qui a fait défaut, laissant des centaines de millions de dollars de fonds clients bloqués) a déclenché une réaction des régulateurs américains. L'Office of the Comptroller of the Currency (OCC), qui supervise les banques nationales, a publié plusieurs directives durcissant les attentes vis-à-vis des partenariats BaaS. Conséquence directe : les banques partenaires de Mercury (Choice Financial Group, Evolve Bank et Column N.A.) ont resserré leurs propres exigences, qui se sont mécaniquement répercutées sur Mercury, qui les a répercutées sur ses clients.
En pratique, ça veut dire qu'à partir du second semestre 2024, Mercury a commencé à demander à tous ses nouveaux clients et progressivement à ses clients existants de démontrer qu'ils ont des opérations réelles aux États-Unis. La politique a été codifiée dans le flow d'application courant 2025 et est aujourd'hui enforcée systématiquement. Plusieurs vagues de fermetures involontaires ont eu lieu en 2024 et 2025, en particulier sur les comptes de non-résidents originaires d'Afrique, du Nigéria, d'Ukraine, du Venezuela ou des Philippines, mais aussi, et c'est ça qui nous concerne, sur des comptes francophones (France, Belgique, Suisse) sans US nexus réel.
La question piège à l'application : "Do you currently have U.S. operations?"
Au moment de remplir l'application Mercury en 2026, vous tombez sur cette question. Le wording exact est : "Do you currently have U.S. operations?" Trois options sont proposées :
- Yes : vous déclarez avoir des opérations US existantes
- No, but I plan in the next 6 months : vous prévoyez d'en avoir dans les 6 mois
- No, I don't plan to : vous n'en avez pas et n'en prévoyez pas
Si vous sélectionnez la troisième option, Mercury affiche un message officiel : "We now require all companies to have some form of US operations." Si vous décidez de continuer l'application malgré ce message, ou si vous avez déjà un compte ouvert et que vous répondez ainsi lors d'un audit de compliance, votre accès est temporairement restreint et vous disposez de 60 jours pour soit fournir des preuves d'opérations américaines, soit transférer vos fonds vers un autre établissement avant la fermeture définitive du compte.
La deuxième option ("planifié dans les 6 mois") est un sursis, pas une dispense. Mercury peut revenir vers vous quelques mois plus tard pour vérifier que les opérations US se sont effectivement matérialisées. Si elles ne sont pas là, le scénario de la troisième option s'applique.
Qu'est-ce que Mercury entend par "US Operations" exactement
Mercury ne publie pas de définition stricte de ce qu'est une "US operation". C'est volontaire : ça leur laisse de la souplesse dans l'évaluation au cas par cas. Mais en croisant les retours clients et la documentation publique, plusieurs éléments reviennent systématiquement comme des preuves acceptées :
- Factures émises à des clients américains : idéalement plusieurs clients différents, sur plusieurs mois, avec des montants significatifs. Une seule facture ponctuelle ne suffit généralement pas.
- Contrats signés avec des entités américaines : contrats de prestation, contrats de fourniture, MSA (Master Service Agreement), n'importe quoi de juridiquement engageant côté US.
- Employés ou contractors basés aux États-Unis : paye via Gusto/Justworks/Deel domiciliée US, ou contractors avec adresse US documentée.
- Inventaire ou warehouse situé aux États-Unis : typique pour les e-commerçants : entrepôt Amazon FBA, 3PL aux États-Unis, lease d'un local de stockage.
- Bureau physique aux États-Unis : lease de bureau, coworking au nom de la LLC. L'adresse d'un registered agent ne suffit plus depuis 2024 et est explicitement refusée comme "principal place of business".
Ce qui ne suffit pas : avoir une LLC formée aux États-Unis (toutes les LLC clientes Mercury sont par définition US, c'est un prérequis), avoir un EIN, avoir une adresse de registered agent dans le Wyoming, ou même avoir un compte bancaire ouvert depuis longtemps. La question n'est pas "est-ce que votre entité existe légalement aux US", c'est "est-ce que votre entité opère réellement aux US au sens où elle y génère ou y traite de l'activité économique".
Un client EXPAT LLC, freelance en marketing digital basé en Espagne, a reçu un email Mercury en mars 2026 lui demandant : "Please provide invoices showing US-based customers, signed contracts with US entities, or evidence of US-based warehouse / inventory / employees". Il facturait à 80% des clients européens. Il a tenté de fournir ses deux factures à des clients US, jugées insuffisantes. Compte fermé après 60 jours. Bascule sur Wise Business : opérationnel en 4 jours, aucune question sur les "US Operations".
Important : NON, ce n'est pas le Corporate Transparency Act
C'est la confusion la plus fréquente qu'on voit chez nos clients quand ils découvrent ce problème. La logique mentale est compréhensible : "j'ai une LLC américaine, je suis non-résident, on me demande des informations sur mon activité, ça doit être le CTA dont tout le monde parlait". Non, ce sont deux choses complètement distinctes.
Le Corporate Transparency Act (CTA), c'est une loi fédérale américaine qui imposait initialement à toutes les LLC américaines de déclarer leurs bénéficiaires effectifs à FinCEN via le Beneficial Ownership Information report. Depuis l'interim final rule du 21 mars 2025, l'administration américaine a retiré du scope toutes les "domestic reporting companies", c'est-à-dire toutes les LLC formées aux États-Unis, peu importe la nationalité de leurs propriétaires. En 2026, les non-résidents propriétaires de LLC Wyoming, Delaware ou New Mexico sont exemptés de toute obligation BOI fédérale.
La politique "US Operations" de Mercury, elle, n'a rien à voir avec ça. C'est une politique commerciale interne d'un fintech privé, dérivée des exigences de KYC et d'AML qui pèsent sur ses banques partenaires en vertu du Bank Secrecy Act. Mercury peut décider demain de fermer un compte pour n'importe quelle raison commerciale compatible avec son contrat client : c'est leur droit en tant que fournisseur de services.
Si vous recevez un email Mercury vous demandant des preuves d'activité US, ne déclarez surtout pas un BOI à FinCEN en croyant régler le problème. C'est inutile (vous êtes exempté), ça crée une trace administrative dont vous n'avez pas besoin, et ça ne résoudra strictement rien côté Mercury. Le problème est commercial, la solution est commerciale : soit vous fournissez les preuves d'activité US à Mercury, soit vous changez de prestataire bancaire. On détaille tout ça dans notre guide CTA dédié (à venir).
Pourquoi Mercury fait ça : la chaîne complète
Pour comprendre pourquoi un fintech soi-disant "non-résident friendly" en arrive à demander des warehouses, il faut comprendre la chaîne réglementaire derrière. Mercury n'est pas une banque, c'est important. Quand vous "ouvrez un compte Mercury", techniquement votre compte est ouvert auprès de l'une des trois banques partenaires : Choice Financial Group, Evolve Bank & Trust, ou Column N.A. Ces trois banques sont des "chartered banks" américaines, assurées FDIC, et soumises à la supervision de l'OCC.
Le Bank Secrecy Act impose à toute banque américaine d'avoir un programme robuste de KYC (Know Your Customer) et d'AML (Anti-Money Laundering), avec des exigences renforcées pour les "high risk customers", catégorie dans laquelle tombent par défaut les LLC détenues par des non-résidents sans présence opérationnelle aux États-Unis. Après l'affaire Synapse en 2024, l'OCC a publié des "enforcement actions" contre plusieurs banques partenaires de fintechs (dont Evolve), en leur reprochant des manquements dans le contrôle des clients de leurs partenaires BaaS.
Conséquence directe : Choice, Evolve et Column ont durci leurs exigences vis-à-vis de Mercury. Pour rester un partenaire viable, Mercury a dû s'aligner. Et plutôt que de gérer ça compte par compte, ils ont codifié une règle générale : tout client doit avoir des US Operations. C'est moins coûteux à enforcer qu'une évaluation au cas par cas.
Que faire si vous êtes dans cette situation
Trois options selon votre profil et votre business model :
Option A : Vous avez de vraies US Operations, fournissez les preuves
Si vous avez réellement des clients américains, des contrats US, des employés US ou un warehouse US, prenez le temps de constituer un dossier solide. Mercury accepte généralement plusieurs types de preuves cumulées plutôt qu'un seul document. Préparez : 6-12 mois de factures à des clients US (avec leurs noms et adresses), copies de 1-2 contrats US signés, captures d'écran de votre dashboard Stripe ou autre processor montrant la proportion de clients US, et le cas échéant le lease ou la facture du 3PL américain. Répondez de manière professionnelle et factuelle à l'équipe compliance, sans drama. Dans la majorité des cas, un dossier solide débloque la situation.
Option B : Vous n'avez pas de vraies US Operations, changez de stack banking
C'est la situation la plus fréquente pour les clients EXPAT LLC : freelance, consultant, agence digitale, SaaS, ou créateur de contenu qui facture essentiellement des clients européens, asiatiques ou africains, et qui a ouvert une LLC américaine pour des raisons fiscales (zéro impôt fédéral US sans ETBUS) et opérationnelles (devise USD, paiements Stripe, neutralité internationale). Dans ce cas, ne perdez pas votre temps à essayer de bricoler des preuves d'activité US. C'est de l'énergie gaspillée pour un résultat aléatoire. Sortez vos fonds vers Wise Business avant la fin des 60 jours, et reconstruisez votre setup banking ailleurs. Vous gagnez un compte multi-devises au passage.
Option C : Vous pouvez créer du nexus US réel, faites-le
Cette option ne concerne qu'une minorité de profils, mais elle existe. Si votre business model peut basculer naturellement vers une clientèle plus américaine (par exemple un consultant qui commence à viser des clients US, ou un e-commerçant qui veut ouvrir le marché US), créer un vrai nexus américain peut faire sens pour des raisons indépendantes du problème Mercury. Attention : créer du nexus US juste pour Mercury est rarement rentable. Le coût (warehouse, contrats US, comptable américain) dépasse souvent le bénéfice. Et créer un nexus US peut déclencher de l'ETBUS (c'est-à-dire l'obligation de payer de l'impôt fédéral américain sur les revenus de source US), ce qui transforme le profil fiscal complet de votre LLC. À évaluer avec un fiscaliste avant.
Les vraies alternatives pour non-résidents en 2026
Voici le comparatif honnête des solutions banking accessibles aux non-résidents propriétaires de LLC américaines en 2026 :
| Critère | Wise Business | Relay | Mercury | Brex |
|---|---|---|---|---|
| Non-résidents acceptés | ✓ Oui, large | ✓ Oui, sélectif | ⚠️ Si US ops | ✗ Non quasi systématique |
| Exigence "US Operations" | ❌ Aucune | Légère | ✓ Stricte | ✓ Stricte |
| Type d'institution | Money Transmitter (FCA, FinCEN) | Banque partenaire FDIC | Fintech / banques partenaires FDIC | Banque partenaire FDIC |
| Multi-devises | 50+ devises | USD seulement | USD seulement | USD seulement |
| FX | Mid-market + 0,57% | Non applicable | Non applicable | Non applicable |
| Garantie FDIC | Non (safeguarding) | Jusqu'à 3M USD (sweep) | Jusqu'à 5M USD (sweep) | Oui |
| Frais mensuels | 0€ | 0$ | 0$ | Variable |
| Floor de revenus | Aucun | Aucun | Aucun (mais US ops) | ~50K USD/an + VC |
| Profil idéal | Non-résident, clients internationaux, multi-devises | USD-only, dossier propre | LLC avec vrai US nexus | Startup VC-backed |
Trois précisions sur ce tableau :
Wise Business n'est pas FDIC : c'est sa principale différence avec Mercury et Relay. Vos fonds USD sont protégés par un mécanisme de cantonnement (safeguarding) où Wise détient vos fonds auprès de banques tierces sur des comptes ségrégués. En cas de faillite de Wise, ces fonds vous reviennent (ils ne font pas partie de la masse Wise). Mais ce n'est pas une assurance fédérale au sens de la FDIC. Pour la plupart des clients EXPAT LLC dont les soldes courants ne dépassent pas 50-100K USD, c'est un risque très acceptable. Pour qui garde 500K+ en compte courant, Relay devient pertinent en complément.
Brex a été racheté par Capital One le 7 avril 2026. À court terme, ça ne change pas grand-chose à la politique d'éligibilité : le floor de revenus et l'exigence de financement VC sont toujours là. À moyen terme, la fusion avec une banque commerciale pourrait soit ouvrir Brex à plus de profils, soit le verrouiller davantage. On surveille mais on ne mise pas dessus pour 2026.
Relay reste légèrement plus tolérant que Mercury pour les non-résidents sans US nexus fort, à condition de présenter un dossier KYC propre et clair. Mais Relay durcit aussi progressivement. C'est une option de backup, pas un remplaçant systématique de Mercury.
Notre recommandation chez EXPAT LLC en 2026
Quand on met en place le pack Clé en Main d'un nouveau client, voici le setup banking qu'on construit systématiquement :
Setup par défaut : Wise Business en compte principal
Wise Business est notre recommandation #1 depuis le début, et elle ne change pas avec le durcissement Mercury : au contraire, ça la confirme. Le compte ouvre en quelques jours, accepte la plupart des nationalités sans poser de question sur les "US Operations", offre un IBAN international, plusieurs détails de compte locaux (USD, EUR, GBP, AUD, etc.), et la conversion entre devises est faite au taux mid-market avec une commission transparente d'environ 0,57%. C'est ce dont la quasi-totalité de nos clients ont réellement besoin : recevoir des paiements dans plusieurs devises, garder des soldes en USD/EUR/CHF, et faire des transferts sans frais cachés.
Mercury en complément : uniquement si vous avez un vrai US nexus
Si vous avez de vrais clients américains qui paient via ACH ou check (les rails américains qu'on n'a pas chez Wise), Mercury reste utile en compte secondaire. C'est typiquement le cas pour les agences B2B qui travaillent avec des entreprises américaines payant à 30/60 jours, ou pour les e-commerçants vendant aux États-Unis via leur propre boutique. Dans ce cas, Mercury accepte votre dossier sans problème, vous documentez vos US Operations, et vous gardez Wise en parallèle pour le change et les paiements internationaux.
Relay en backup si Mercury vous refuse
Pour les profils intermédiaires (quelques clients US mais pas un dossier suffisant pour Mercury), Relay peut servir d'alternative USD-only. C'est plus rare comme cas, mais ça existe.
Pour la plupart des clients EXPAT LLC en 2026 : Wise Business comme compte principal, et c'est tout. Mercury et Relay ne se justifient qu'à partir d'un vrai besoin opérationnel américain. La simplicité prime, et un seul compte banking bien géré vaut mieux qu'un éparpillement sur plusieurs fintechs qui peuvent toutes durcir leurs règles du jour au lendemain.
FAQ : questions fréquentes sur Mercury et les non-résidents
Que veut dire "US Operations" pour Mercury exactement ?
Pas de définition stricte publiée, mais en pratique : factures clients US, contrats US, employés US, warehouse US, ou bureau US. L'adresse d'un registered agent ne suffit plus depuis 2024. L'évaluation se fait au cas par cas : l'absence totale de tout lien commercial réel avec les US conduit à un refus ou à une fermeture.
Que faire si Mercury vient de fermer mon compte ?
Vous avez 60 jours. Étape 1 : transférer vos fonds vers Wise Business (ou Relay, ou une banque européenne). Étape 2 : si vous avez de vraies US ops, monter un dossier de justificatifs et le soumettre. Étape 3 : si pas de US nexus, accepter la fermeture et reconstruire ailleurs. Pas de drame, juste un changement de fournisseur.
Wise Business est-il vraiment FDIC ?
Non. Wise est un Money Transmitter régulé (FCA UK, FinCEN US, et équivalents par juridiction), pas une banque. Vos fonds sont en safeguarding chez des banques tierces, sur des comptes ségrégués. En cas de faillite Wise, vos fonds sont protégés mais ce n'est pas une assurance fédérale FDIC. Pour des soldes courants standards (jusqu'à 100K USD), le risque est très acceptable.
Puis-je rouvrir un Mercury après fermeture ?
Difficile sans changement matériel de situation. Mercury garde l'historique. Pour avoir une chance, démontrer une vraie évolution du business : nouveaux clients US documentés, contrats signés, employés US ou warehouse. Sans changement de fond, la nouvelle demande sera refusée.
Brex est-il une alternative valable pour non-résident ?
Pas pour la plupart de nos profils. Floor d'environ 50K USD de revenus annuels + privilégie les startups VC-backed. Capital One a racheté Brex le 7 avril 2026 : possible évolution à moyen terme mais rien d'ouvert aux non-résidents petits CA pour le moment.
Mercury vs Relay pour un non-résident sans US Ops ?
Relay reste légèrement plus tolérant que Mercury, à condition d'avoir un dossier KYC propre. Mais le bon réflexe par défaut en 2026 est Wise Business : Relay devient pertinent en complément si besoin USD-only/FDIC.
Faut-il dire la vérité à Mercury sur les US Operations ?
Oui, toujours. Une fausse déclaration KYC à une institution financière américaine peut entraîner non seulement la fermeture du compte mais aussi un Suspicious Activity Report aux autorités fédérales. Le rapport coût-bénéfice est terrible. La bonne approche : répondre honnêtement et, si la réponse ne convient pas, basculer sur une autre solution banking.
C'est lié au Corporate Transparency Act (CTA) ?
Non. Deux choses distinctes. Le CTA est une obligation fédérale de déclaration des bénéficiaires effectifs à FinCEN : les LLC détenues par des non-résidents en sont exemptées depuis le 21 mars 2025. La politique "US Operations" de Mercury est une politique commerciale interne d'un fintech, dérivée du Bank Secrecy Act et des exigences de ses banques partenaires. Ne pas confondre : déposer un BOI à FinCEN ne résoudra rien chez Mercury.
Pour aller plus loin
- CTA / BOI et LLC pour non-résidents : guide 2026 : la clarification complète sur le CTA, à venir
- Compte bancaire US pour non-résident : vue d'ensemble des options Wise, Mercury, Relay
- Wise Business pour LLC américaine : pourquoi c'est notre reco #1
- Ouvrir une LLC Wyoming sans SSN : le guide procédure
- Pourquoi ouvrir une LLC américaine en tant que non-résident : les 7 avantages réels
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